Les crises se multiplient, se croisent, leur durée augmente. Liées aux conflits armés, au changement climatique, à l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, les causes sont nombreuses et imbriquées. Et les inégalités, loin de se réduire, continuent de se creuser, poussant toujours plus de personnes dans des situations de précarité et les contraignant à fuir leur environnement. La réponse apportée par la coopération internationale semble d'autant plus importante : renforcer les liens, favoriser la compréhension mutuelle, échanger et accompagner les populations les plus précarisées, amplifier leurs voix et relayer leurs initiatives. La vision à moyen et long terme des projets soutenus par la Fedevaco est essentielle, car la coopération ne fait pas que guérir, elle prévient les crises, favorise la collaboration, participe au maintien de la paix et à la création de conditions stables pour l’humanité.
Dans un contexte mondial marqué par des crises multiples, une pression accrue sur les ressources et une accélération du dérèglement climatique, la coopération internationale est d'autant plus nécessaire. Elle vise à :
La Coopération internationale (CI) occupe une place importante dans l’histoire de la Suisse et figure littéralement dans son ADN, c’est-à dire, dans la Constitution fédérale, depuis 1999. Une loi fédérale ainsi que la stratégie de coopération internationale de la Suisse complètent cette base légale. Actuellement, la stratégie pour la période 2025-2028 est en consultation et le message sera voté l’an prochain par le parlement (juin et septembre 2024).
En 2024, la Suisse a consacré CHF 4,053 milliards à l’aide publique au développement (APD), soit 587 millions de moins que l'année précédente. Cette baisse est principalement due à la diminution des coûts de l'asile en Suisse et des financements octroyés à la coopération internationale. Hors comptabilisation des coûts de l'asile, le ratio entre l'APD et le RNB de la Suisse a baissé de 0,43% à 0,38%, selon les chiffres des autorités fédérales.

Malgré les défis et enjeux susmentionnées, la réduction de la pauvreté doit rester la priorité de la stratégie de coopération internationale de la Suisse, ainsi que la réalisation des Objectifs de développement durable prévus dans l'Agenda 2030. Une partie importante du budget pour la période 2025-2028 sera alloué à l'Ukraine, à la lutte contre le changement climatique et à l'aide humanitaire. Le contexte actuel de crises, qui creuse et génère des inégalités, ne doit pas faire oublier l'engagement constitutionnel de la Suisse en matière de lutte contre la pauvreté.
Avec la multiplication des crises, des millions de personnes ont besoin d'une aide d'urgence, sur des périodes longues. Cependant, l'urgence ne doit pas masquer la nécessité de travailler sur les causes de ces crises, avec une vision à long terme. Dans de nombreuses régions, l'aide humanitaire, la coopération au développement et la prévention de la paix sont complémentaires et travaillent main dans la main. Pour faire face à ces défis de taille, il est nécessaire que l’augmentation de l’aide humanitaire ne se fasse pas au détriment de la coopération au développement.
En tant que pays industrialisé, à fort impact d’émissions carbone, notre responsabilité dans le changement climatique est indéniable. Dès lors, la Suisse se doit de réduire son empreinte tout en contribuant à l'adaptation et à la résilience des populations impactées. A ce titre, la coopération au développement soutient les populations en première ligne du changement climatique et de promouvoir un développement durable et un usage équitable des ressources. Les projets de compensation carbone ne doivent en aucun cas remplacer la réduction des émissions carbone, ni le soutien aux projets de coopération au développement, car ils ne poursuivent pas les mêmes objectifs.
La stratégie 2025-2028 du Conseil fédéral concernant la coopération internationale accorde une partie importante de son budget (1,5 milliard) à l'Ukraine. Ce soutien nécessaire devrait faire l’objet d’une loi ou d’un crédit séparé, et ne pas se faire au détriment des populations du Sud Global.
La coopération au développement fait souvent l'object de critiques. Si certaines sont légitimes, d'autres reposent sur des idées reçues qu'il est nécessaire de déconstruire. Pour ce faire, nous donnons la parole à des personnalités engagées.
Anne Roulet, membre du Conseil de la Fedevaco et coordinatrice de programme à DM nous donne son avis et répond à nos questions sur le sujet.
Paul Adjima Miampo, fondateur de La Brique nous donne son avis et répond à nos questions sur le sujet.
Constance Theisen-Womersley, coordinatrice du département programmes à Médecins du Monde nous donne son avis et répond à nos questions sur le sujet.
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