
21.05.2026
En bref
Date
21.05.2026
La prévention des comportements sexuels répréhensibles (PCSR) au sein du partenariat

L’atelier a débuté avec la présentation de deux dispositifs de prévention et de gestion des cas d’organisations membres de la Fedevaco. Laurence Girod, a expliqué les mesures mises en place au sein du centre de réhabilitation Onésime en Côte d’Ivoire, partenaire de Chryzalid. Ce centre accueille des jeunes (filles et garçons) entre 14 et 18 ans à leur sortie de détention ou en lieu et place de la prison. Il leur permet de se former en agriculture, élevage et pisciculture. Mais ce contexte et ce cadre comportent plusieurs facteurs de risques d’abus, en raison des problématiques des jeunes (dépendance, familles déstructurées, etc.) et du fonctionnement du centre (dortoirs, confinement). La politique de prévention interne au centre a été pensée et mise en place par le directeur du centre, et comporte un code de conduite, un schéma de signalement, la présentation et l’explication de ces deux documents aux jeunes et au personnel du centre, et des séances de sensibilisation sur la PCSR, coorganisées par la Direction de la Protection Judiciaire de l’Enfance et de la Jeunesse ivoirienne. Les cas signalés sont traités en interne. Convaincu par la démarche, le Ministère ivoirien s’est inspiré du code de conduite et du schéma de signalement pour mettre en place un tel dispositif dans les autres centres de détention pour mineurs en Côte d’Ivoire. L‘association Chryzalid, en Suisse, a également adopté un code de conduite incluant des éléments de prévention des abus.

Ensuite, Marie Wittwer Perrin a présenté le dispositif de prévention et de gestion des abus au sein de Médecins du Monde Suisse. Leur système est ouvert aussi bien aux collaborateurs et collaboratrices aux sièges, que pour celles et ceux qui travaillent dans les pays où les projets se déroulent. Chaque pays où Médecins du Monde est actif dispose d’un point focal responsable de la mise en place de mesures de prévention sur place. Le signalement des cas se fait via une boîte mail gérée par le siège. Ils sont ensuite gérés par un comité ad hoc composé de plusieurs membres de l’équipe suisse, dont la direction, ou externalisés selon la gravité. La confiance dans le système d’alerte et de traitement est un élément central de la méthode. Pour cela, l’anonymat et la confidentialité sont strictement garantis, et aucune démarche n’est entreprise sans le consentement de la victime présumée. L’organisation essaie à la fois d’instaurer une culture du devoir de signalement pour les témoins, qui ont un rôle essentiel à jouer, et de mettre en place les meilleures conditions pour que les victimes osent signaler les cas.
Ces deux interventions ont révélé qu’il existe des moyens de mettre en place des processus et des actions de sensibilisation dans des structures aux réalités et aux tailles très différentes. Ces deux exemples ont également souligné l’importance d’avoir une vision commune avec le partenaire, en tenant compte des tabous et différences culturelles, dans une logique de localisation des compétences. Il est aussi essentiel de se départir de l’idée que rien n’existe dans les régions d’intervention et de se baser sur ce que les acteurs et actrices locaux ont déjà mis en place et les réseaux d’appui régionaux existants.
L’échange, la confiance et la sensibilisation comme piliers
Une relation partenariale équitable et de confiance est un élément clé de la qualité du travail des organisations pour avoir un effet durable. C’est d’autant plus le cas lorsqu’on aborde des thématiques aussi sensibles que le harcèlement et la prévention des abus et des comportements sexuels répréhensibles et que l’on tente de mettre en place des dispositifs de dénonciation et gestion des cas.
Les règlements, codes de conduite, processus et autres documents ne suffisent pas pour prévenir les cas ni les signaler. Les échanges entre participant·e·s ont mis en lumière l’importance d’avoir des échanges réguliers sur cette thématique, afin d’avoir une compréhension commune des enjeux et de créer les bases de confiance nécessaires pour que les personnes osent signaler les cas. Dans certains contextes, il peut être utile de commencer par effectuer une sensibilisation générale sur les questions de genre et de relations de pouvoir, avant d’imaginer un dispositif. Les discussions ont aussi fait ressortir la difficulté de trouver des personnes formées et adéquates sur place, pour assurer le rôle de point focal ou de personne de référence. Le recours à des acteurs externes peut être une solution mais comporte son propre lot de défis.
Un système de prévention et de signalement peut être évalué en fonction du nombre de cas qui sont remontés. Si aucun cas n’est signalé, cela signifie malheureusement souvent que le système mis en place n’est pas adéquat ou que les personnes n’ont pas suffisamment confiance pour y faire appel. A ce titre, il est par exemple important d’avoir plusieurs canaux de signalement (email, téléphone, boîte à plaintes, etc.), pour que le plus de personnes possible y aient accès.
Des outils à disposition pour les organisations membres
La Fedevaco met à disposition de nombreuses ressources sur son site internet. Premièrement, la page www.fedevaco.ch/pcsr propose des formations gratuites, e-learning, courts manuels pour se lancer dans cette thématique. Pour les organisations membres, notre page intranet www.fedevaco.ch/intranet > Partage des savoirs > prévention des abus contient des fiches-outils du FEDERESO, développés par une experte mandatée par la DDC. Une partie est mise à disposition, que ce soit à destination des OM en tant qu’employeur, actrices dans les projets, etc. Ces documents ne sont pas des règlements et ne sont pas imposés : ce sont des supports, appelés à être adaptés.
Si vous n’êtes pas membre et que vous êtes intéressé·e·s par ces ressources, vous pouvez contacter Léa Baeriswyl, responsable du partage des savoir par mail : l.baeriswyl@fedevaco.ch
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